Découverte d'obus de la Seconde Guerre mondiale : un risque persistant dans nos sols
Comme le rapporte Le Figaro, les soldats du feu ont d’abord cru à des bouteilles de gaz qui éclataient dans la chaleur.

23 au 24 juillet, dans le département de la Gironde, les pompiers engagés contre le mégafeu qui ravageait la lande médocaine ont entendu un bruit que beaucoup d’anciens, ici dans le Bocage, reconnaîtraient sans hésiter. Comme le rapporte Le Figaro, les soldats du feu ont d’abord cru à des bouteilles de gaz qui éclataient dans la chaleur. La suite leur a donné tort: au Porge, les déflagrations étaient bien trop lourdes pour cela. Il s’agissait d’obus datant de la Seconde Guerre mondiale, dispersés sur plusieurs zones traversées par le front de flammes.
Le témoignage du terrain
Le maire du Porge, Martial Zaninetti, a livré à Franceinfo un récit qui rappelle, par sa précision, les notes que l’on consigne après une visite de terrain. Ses services et lui ignoraient la présence de dépôts de munitions enfouis sur la commune: « Nous ne le savions pas, mais il y avait sur notre commune des dépôts de munitions enterrés dans des terrains. Ils ont explosé. » L’édile a précisé qu’aucun blessé n’était à déplorer, mais qu’une munition avait traversé une maison. Au total, « plus d’une centaine de déflagrations » ont retenti avant l’arrivée des démineurs, dépêchés pour ratisser la zone désormais sécurisée.
Pourquoi cela parle aussi à notre Bocage
L’épisode girondin n’est pas un fait divers isolé pour qui chemine dans les communes sinistrées de Normandie. À Villers-Bocage, le sol garde encore la mémoire des combats de l’été 1944: bombardements, poches de résistance, lignes de front déplacées au rythme des offensives. Les services de déminage de la Manche et du Calvados interviennent chaque année sur des découvertes qui, en apparence, n’avaient rien d’urgent. Le feu, en Gironde, a joué le rôle de révélateur: il a exhumé en quelques heures ce que ans de pluie et de végétation avaient dissimulé. Ce rappel vaut aussi pour nos forêts, nos talus, nos friches: un échauffement prolongé, une sécheresse persistante peuvent remettre au jour des engins dormants. Lors de toute découverte suspecte — douille, obus, grenade — la règle reste la même qu’à l’école communale autrefois: on ne touche pas, on balise, on prévient la mairie ou la gendarmerie.
Ce que nous suivons dans les prochains jours
Du côté de la Gironde, France 24 indique que le mégafeu reste « stabilisé » jeudi autour de 42 000 hectares brûlés, avec une météo plus favorable qui laisse espérer un retour progressif à la normale pour les 220 000 personnes évacuées. Les démineurs continuent leur travail de sécurisation, et le maire du Porge a annoncé qu’un bilan plus précis du nombre de munitions retrouvées sera communiqué. Pour celles et ceux qui marchent cet été sur les chemins du Bocage, gardons l’œil ouvert: la guerre ne vit pas que dans les livres d’histoire, elle sommeille parfois au pied d’une haie.