Gestion des territoires : le maire d'Arès dénonce une centralisation étatique persistante
Mardi 11 août 2026, Xavier Daney, maire d'Arès (Gironde) et vice-président de la Communauté d'agglomération du Bassin d'Arcachon Nord, prend la parole sur franceinfo.

42 000 hectares brûlés, un maire qui interpelle l'État
Il relaie la lettre ouverte du maire de Saumos et appelle l'exécutif à écouter les élus locaux après l'incendie qui a ravagé 42 000 hectares de forêt en Gironde. Le débat touche un mécanisme clé: l'articulation entre normes nationales et réalités communales.
Centralisation: les lois de 1982 "oubliées"
Le diagnostic de l'élu est posé en termes de calendrier administratif. Les lois de décentralisation de 1982 sont "un peu loin" et, selon lui, ont été "oubliées". La loi NOTRe de 2015 a certes remis "le terrain en exergue", mais le mode de gestion reste, d'après lui, centralisé. Sa formule résume le malaise: "On a toujours une façon de gérer notre État qui reste centralisée."
Trois exemples concrets qu'il met en avant:
- Une loi nationale traite le Médoc comme Bordeaux.
- Le Bassin d'Arcachon est régi selon les mêmes règles que Paris.
- Les élus locaux, "responsables" et "connaisseurs" de leur territoire, ne sont pas consultés en amont.
Pour Xavier Daney, ce décalage entre périmètre législatif et périmètre géographique coûte cher en efficacité opérationnelle. Les normes pensées à l'échelle nationale peinent à absorber les spécificités locales — qu'elles soient climatiques, démographiques ou foncières — et privent les communes d'un levier d'adaptation pourtant prévu par les textes.
Après le feu: la facture hydraulique
L'incendie rebat les cartes locales. "Les 42 000 hectares de forêt qui ont brûlé ne pomperont plus l'eau en hiver", alerte le maire d'Arès. Conséquence directe: un risque d'inondation accru sur les communes situées en aval du massif sinistré, avec un ruissellement renforcé sur des sols désormais lessivés.
Sa mesure corrective: créer des "réserves de biodiversité aquatique". Objectif affiché: absorber les crues, ralentir le ruissellement, protéger les habitations et les terres agricoles. Pour porter ces propositions, il réclame une "rencontre avec les plus hautes autorités de l'État".
Ce que les communes doivent suivre
Trois leviers se dessinent à partir de cette intervention:
- Normes: la concertation amont avec les élus locaux avant toute nouvelle réglementation environnementale ou d'urbanisme (PLU, schémas de cohérence territoriale).
- Budget: le financement public de la prévention post-incendie — réserves aquatiques, reboisement, entretien des zones tampon — et sa ventilation entre État, région, département et intercommunalités.
- Compétences: la clarification du partage entre communes, intercommunalités et État sur la gestion des risques naturels.
Pour les petites communes, le message est opérationnel: la pression locale, portée collectivement, reste le meilleur moyen d'influer sur les arbitrages nationaux. Xavier Daney et le maire de Saumos le démontrent depuis la Gironde.